L'article met en lumière les bases juridiques de l'intervention des infirmières praticiennes (IP) et de la répartition interprofessionnelle du travail dans les soins de base en Suisse. Les points de référence centraux sont la délimitation et l'interaction des trois formes de coopération Assistance, délégation et substitution. Alors que l'assistance est comprise comme un soutien purement médical sous la responsabilité directe du médecin, la délégation décrit le transfert d'activités ou de tâches médicales définies à des spécialistes qualifiés non médecins. La responsabilité globale reste toujours du ressort du médecin qui délègue. La substitution, en revanche, désigne le transfert durable d'activités médicales dans un domaine de responsabilité autonome, ancré dans la loi, d'un autre groupe professionnel et présuppose les bases juridiques correspondantes.
L'article montre que jusqu'à présent, dans les soins de base suisses, c'est surtout le Modèle de délégation a été établi. Celui-ci permet de déléguer des prestations médicales en toute sécurité juridique, pour autant que des exigences claires soient respectées en matière de sélection, d'instruction et de surveillance des professionnels délégués. Les prestations pouvant être déléguées peuvent être soutenues et encouragées sur le plan qualitatif par des filières de traitement standardisables et fondées sur des preuves.
A l'exemple de medbase medbase intègre systématiquement les infirmières praticiennes dans le modèle de délégation et a établi à cet effet des directives basées sur l'évidence, des processus d'instruction structurés ainsi que des formes obligatoires de consultation et de supervision professionnelles. Les femmes médecins restent joignables physiquement ou par télémédecine, ce qui permet une répartition du travail à la fois flexible et conforme à la loi.